Columbo – Cigare, strabisme et enquête policière.

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Columbo (1968), créée par Richard Levinson et William Link

Cette série met en scène l’inspecteur du même nom, incarné par le légendaire Peter Falk. De manière générale cette série est assez basique : un meurtre, un épisode. Malgré tout elle présente certaines particularités, la plus notable étant de commencer l’épisode par le meurtre. Nous connaissons le coupable et c’est de là que cette série tire son génie. Columbo est ridicule, pathétique, tête en l’air et possède en apparence à peu près tous les défauts qui  l’empêcheraient d’être un inspecteur correct. Il est en réalité un véritable limier et un inspecteur hors pair. Il est systématiquement sous-estimé par tous les meurtriers (appartenant toujours à la haute société) qui le considèrent comme un moins que rien et en aucun cas un danger. Détrompez-vous braves criminels, Columbo saura trouver le détail auquel vous n’avez pas pensé.

Tout l’intérêt de la série est là, voir un mépris satisfait se transformer progressivement en panique chez chaque meurtrier est jouissif, et si aucun suspens n’est mis en place quand à l’identité du criminel, il est tout de même présent. Comment et quand Columbo démasque-t-il le coupable ? Les dialogues remplis de doubles sens nous font parfois douter nous même de l’inévitable victoire de l’inspecteur, et nous permettent de participer à l’enquête en tentant de découvrir la faille du crime avant qu’elle ne nous soit exposée. Au bout de quelques épisodes, le système est mis en place et l’immersion est alors impressionnante. Le spectateur s’identifie à l’inspecteur, et s’étonne en faisant lui-même preuve d’une concentration et d’une imagination rarement  aussi efficacement stimulée devant un écran de télévision.

Peter Falk contribue grandement à l’efficacité de cette série, incarnant à la perfection ce mélange paradoxal entre maladresse pathétique et victoire inéluctable. Les fortunés pensaient être des prédateurs, mais lorsque le véritable prédateur se présente devant eux et les démasque progressivement, ils ne s’en rendent compte que trop tard. Columbo ne possède pas d’arme à feu, il joue avec ses victimes jusqu’à ce qu’elles abandonnent tout espoir et se rendent d’elles-même. Cette violence enrobée de tout le kitch que seule la fin du 20eme siècle sait nous offrir pourrait et devrait rendre fébrile n’importe quel fan d’enquêtes policières.

En bonus, la pire bande-annonce de tous les temps.

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