Ratatouille – Comment un rat cuisinier a annéanti les efforts de François Mitterand

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Ratatouille, de Brad Bird, 2007

Ratatouille, film d’animation des studios Pixar, est certainement l’anachronisme le plus grandiose dans toute l’histoire des dessins animés Disney ! Il retrace l’existence de Rémy, un rat, passionné de cuisine. Après une catastrophe qui l’a séparé de sa famille, le jeune Rémy se retrouve à Paris et fait la connaissance d’un commis de cuisine, Alfredo,  embauché dans le très prestigieux restaurant Gusteau, crée par feu Auguste Gusteau grand chef étoilé français. De cet amitié naît des chefs d’œuvres culinaires : Alfredo manipule pendant que Rémy le guide.

Avant toutes choses il faut  noter que tous les bons principes Disney se retrouvent dans Ratatouille, les parent peuvent se rassurer et laisser leurs progénitures regarder le film en toute tranquillité. En effet, Ratatouille est d’abord un film sur la tolérance (chose fort peu appliqué dans les écoles primaires), c’est pourquoi Disney se fait le devoir de décliner ce principe sous toutes ses formes, priant pour que cela rentre enfin dans la tête des enfants récalcitrants. Alfredo  et Rémy sont tous deux rejeté par la société, le premier à cause de son appartenance capillaire à la confrérie des roux ( notons l’éveil de Disney quant aux problèmes de société) et l’autre à cause de son appartenance à l’espèce des rongeurs. Ces origines sociales peu propices à la réussite ne les empêcheront pas d’accomplir leurs rêves culinaires. De plus, une bonne étoile veille sur eux, le fantôme du chef Gusteau, qui s’apparente ici à une version moderne de Jésus-Christ, prêchant amour, paix et tolérance. Il explique à Rémy que bien qu’il soit empoté Alfredo a aussi le droit de vivre et de cuisiner, tandis que sa maxime ne cesse d’être rappelée durant tout le film  « tout le monde peut cuisiner », si  c’est pas du message ça !

Ceci nous amenant à l’autre élément d’une grande importance pédagogique du film : bien se nourrir. Effectivement, Ratatouille se veut le fer de lance de la campagne anti-obésité chez les enfants de sept à soixante-dix sept ans. Jugez en plutôt par le titre, en dehors du jeu de mot douteux du rat qui touille, on rend hommage au plat provençale fait uniquement à base de légumes, ce qui a de quoi faire pâlir plus d’un fast food.

La cuisine, parlons-en ! Il est de notoriété publique que qui dit cuisine dit France et qu’aux États-Unis qui dit France dit Paris et (encore aux États-Unis) qui dit Paris dit 1900 ! Dans Ratatouille, tout est fait pour penser qu’il s’agit du début du siècle, d’abord les prénoms : Emile (Thomas N’gigol  dit lui même qu’il s’agit d’un prénom de la guerre 14-18), Colette, Auguste. Puis des clichés en cascade : rues pavées, immeubles haussmanniens (uniquement), éclairages à la bougies, lampadaires à l’ancienne, déplacements à vélo (uniquement), l’appartement sous les toits tout droit sorti des années vingt où vit le jeune commis. Bref une parfaite ambiance bohème typique de Paris du début du siècle. Mais. On remarque tout de même que la télévision noir et blanc existe, et petit à petit on aperçoit des anciens modèle de voitures. On commence finalement à situer la récit dans les années cinquante soixante. C’est alors qu’on voit que le jeune Alfredo à des chaussures rouges du type converse aux pieds, le doute commence à s’installer, dans les années soixante la basket n’étant pas encore porté aussi nonchalamment qu’aujourd’hui. L’interrogation atteint son paroxysme. Et là tout s’effondre ! Colette, la jeune cuisinière se dispute avec Alfredo, elle part furieuse du restaurant et enfourche… Une moto ! (très certainement d’une marque japonaise d’ailleurs) Dupé et trahis nous avons été ! Pendant la moitié du film Disney nous a trompé : Rémy est en fait un rat des années 2000 et Alfredo un garçon perdu accumulant les échecs scolaires,dont son CAP cuisine, avorté par son manque d’ambition et son addiction au cannabis (c’est une certitude).

Nos voisins d’outre Atlantique font fi de l’effort de guerre ( et c’est la cas de le dire) fourni par Pompidou, Mitterrand et bien d’autres, visant à moderniser Paris afin que la ville stoppe son processus de momification.  De ce fait nous sommes bien obligé de constater que les américains exigent que les parisiens vivent dans un autre temps, l’idée d’un Paris moderne leur faisant trop mal au cœur et ne représentant aucun intérêt à leurs yeux.

Vous comprendrez que Ratatouille n’est pas forcément le film que choisirait l’office de tourisme de Paris afin de promouvoir des vacances dans la capitale française (les touristes risquant de se retrouver fort déçu). Cela dit, il s’agit peut-être d’un bon film préventif contre l’obésité pour les jeunes américains.

Pour conclure, on peut dire que Ratatouille est surtout et avant tout un message d’espoir délivré aux roux et aux rats !

parolesincompréhensible.com

images: dirpexpress.fr, disneywikia.com

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