Des chiffres et des armes – Mr.Wolff

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Sortie le 1 novembre 2016             Réalisation : Gavin O’Connor       Durée : 2h10

Avec : Ben Affleck, Anna Kendrick, J.K Simmons, Jon Bernthal…

Production : Electric City Entertainment

 

Distribution : Warner Bros. Pictures

 

 

« Do you like puzzle ? »

 

Lorsque le nom de Ben Affleck est associé à des mots tels que comptabilité, autisme, bagarre et armes à feu, la raison fait appel à la raison, et les gens raisonnables se doivent de répondre à cet appel. Comprenez par là qu’il fallait aller voir cela au cinéma.

Christian Wolff est un comptable autiste, qui, en plus d’être un génie des mathématiques est aussi un passionné d’aventure et de baston. Souhaitant joindre l’utile à l’agréable ce roi des chiffres aime à clarifier les comptes des plus grands mafieux et autres pontes du crime, tout en traitant de menus redressement fiscaux. Mais lorsque le ministère des Finances s’intéresse d’un peu trop près à sa situation, M.Wolff décide de faire profil bas et se laisse engager par une société de robotique qui rencontre quelques problèmes d’envolées de capitaux. Cependant, cette simple et honnête mission s’avère être plus olé-olé que ce qu’il pensait : plus il comprend d’où viennent les petits-gros soucis d’argent de l’entreprise, plus les cadavres vont en s’accumulant…

En choisissant la forme du récit éclaté, Gavin O’Connor, l’homme qui aime les duos se livrant un duel – surtout lorsqu’il s’agit de frangins (Warriors, Brothers, Le Prix de la loyauté) – nous offre deux heures de film-tiroirs, s’ouvrant plus ou moins bien. Compilant flashbacks et séquences qui n’ont d’abord pas de rapport, la réalisation métaphorise l’esprit de notre comptable héroïque, tout en veillant à garder une ligne directive aussi implacable que les T.O.C qui gravitent dans son cerveau. À défaut d’une logique mathématicienne hors pair, la mise en place des éléments se fait avec une telle efficacité que l’on en oublierait presque les raccourcis scénaristiques.

Parce que c’est ça aussi Gavin O’Connor, un homme qui aime autant l’action que la psychologie… Mais un peu plus l’action quand même. Soucieux de donner de la matière à ses personnages, le film amène de nombreux petits quelques choses pour étayer la psychologie de ses sujets afin d’en faire plus que de simples pions qui aiment à se livrer bataille au moyen de gros engin. Car audacieuse et rafraichissante est l’idée de présenter un héros dont l’anti-héroïsme réside dans son autisme. Cette alternative au manichéisme réussit pleinement sa mission et donne une raison à l’enfermement et aux problèmes de communication de notre comptable sniper – faisant de lui autre chose qu’un simple très beau gosse qui ne peut pas avoir de régulière car il a eu une vie trop compliquée. Mais comme on ne peut pas réussir partout, les flashbacks, aussi réjouissants que confondants, s’assimilent légèrement à de la fausse éclate, faisant le jour sur certains aspects pour finalement enfumer un peu plus le présent et le spectateur.

Mais là où Gavin ne se trompe pas (jamais) c’est sur son casting. Ben Affleck livre une de ses meilleures performances, sachant incarner avec autant de force que de mutisme cet espèce de Robin des Bois de la compta qui aime toutes les armes sauf les revolvers de collégiennes. Ses yeux hagards perdus dans cet énorme corps carré pourraient faire fondre le pire des dictateurs nord coréen, et sa présence est tout bonnement un rayon de soleil de chaque instant. Le reste de la troupe se débrouille tout aussi bien avec une Anna Kendrick qui joue la Anna Kendrick qu’elle est souvent, soit une petite crevette discrète et pleine de caractère tandis que J.K Simmons a laissé son costume de nazi (OZ) accroché au porte manteau pour emprunter celui du Eliot Ness version nouveau millénaire. Jon Bernthal et Cynthia Addai-Robinson campent gentiment et habilement leur second rôle pendant que John Lithgow fait son mea culpa trinityen (Dexter) en incarnant un homme qui aime à soigner les gens grâce à la robotique.

Ainsi, bien qu’il ne soit pas forcément un chef d’oeuvre, Mr.Wolff sait être efficace et très divertissant. Un film d’action dans les règles de l’art sachant amener des petits plus innovants, nous permettant de retrouver Ben dans une forme olympique et Gavin dans celle où on l’a laissé.

Crédits images: cinescope.be (couverture) – mondocine.net – allocine.fr

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  6 comments for “Des chiffres et des armes – Mr.Wolff

  1. 20 novembre 2016 at 9 h 33 min

    Je dois bien t’avouer un truc j’ai le même sentiment envers la comptabilité qu’envers Ben Affleck: je les trouve un peu « dull ».
    Et je ne suis pas sûre que le fait qu’ils veuillent se lancer dans l’action me les rendent plus attachants
    https://www.youtube.com/watch?v=bNARNsIHzvQ&t=106s

    Mais bon, je laisserai sûrement sa chance au DVD

    • Z.
      20 novembre 2016 at 12 h 38 min

      Oh oui laisse lui sa chance, un bon moment tu passeras j’en suis ûre
      Merci pour ce petit extrait 🙂

  2. 16 novembre 2016 at 10 h 26 min

    J’avais bien aimé. Finalement il est assez bon acteur, ce Ben!

    • Z.
      17 novembre 2016 at 10 h 32 min

      J’ai une grande tendresse pour la famille Affleck, et je suis d’accord avec toi, Benou est vraiment un bon acteur!

  3. 10 novembre 2016 at 16 h 33 min

    Même si ce n’est pas un chef oeuvre, ton article confirme que ça peut être une bonne idée cinéma !

    • Z.
      14 novembre 2016 at 20 h 12 min

      Ah complètement! Disons qu’en sortant on ne regrette d’avoir payé son ticket ou d’avoir investit dans une carte d’abonné!

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