Dominicalement vôtre – Docteur Folamour

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Stanley Kubrick, 1964

 

 

Diffusion dimanche 7 février, 20h30, LCP

 

Avec ce deuxième mois de la nouvelle année, on dirait bien que le programme TV reprend enfin du poil de la bête. Fini le jet-lag post 2015 et ces propositions télévisuelles douteuses. Ce soir ce n’est pas un, mais plusieurs bons films qui vous sont proposés : Blue Jasmine (France 2), Peur sur la ville (HD1), Amen (Arte) et même Top Gun (NT1) !

Sauf qu’aujourd’hui Bizard Bizard a choisi de vous faire vivre l’expérience Nouvelle chaîne pour une nouvelle vie (ou pour une bonne soirée, mais la première version sonnait mieux, n’est-ce pas) en vous invitant à vous brancher sur… LCP ! Qui vous propose ce soir un chef-d’œuvre du cinéma comique : Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer les bombes.

 

En pleine Guerre Froide, le général américain Jack D. Ripper (Sterling Hayden), pris d’une crise de folie paranoïaque anti-communiste, voit son obsession des « fluides naturels » atteindre son paroxysme et décide alors d’envoyer ses avions B-52 frapper l’URSS. Afin de rattraper le coup, le président américain (Peter Sellers) organise une réunion d’urgence et tente de trouver des solutions pour éviter la guerre nucléaire qui se profile. Il invite l’ambassadeur russe (Peter Bull) à se joindre à eux et essaye d’entamer le dialogue avec le premier ministre russe par téléphone. Mais c’est sans compter sur le fait que : l’ambassadeur et le général « Buck » Turgidson essayent de se battre, que le premier ministre est complètement bourré, que « le plan R comme Romeo » a été déclenché et qu’un taré de scientifique nazi répondant au nom de Docteur Folamour (Peter Sellers) trône à la table dans son fauteuil roulant.

Si ce soir c’est à LCP que va notre préférence, c’est tout simplement parce Docteur Folamour n’est pas juste un film, c’est une pure expérience du comique de l’absurde à vivre. Cette satire militaire et politique orchestrée par la main du maître Stanley qu’on ne présente plus, est un incroyable divertissement qui démontre que l’on peut faire un film intelligent sans être chiant (comme certains réalisateurs adorent faire et certains spectateurs adorent penser). Ici, toute la finesse du propos est mis en scène au travers de nombreux dialogues et situations absurdes: du plan « R comme Robert »,  au pétage de plomb du général Ripper et de « ses fluides corporels », aux discussions du président américain et du premier ministre de l’URSS – qui veut s’assurer qu’il ne l’appelle pas simplement pour parler de guerre et qu’il apprécie aussi le simple fait de discuter « just to say hello » – pour finir par le kit de survie des pilotes constitué de « préservatifs, tubes de rouge à lèvres et trois paires de bas ».

Par le biais de cette multitude de détails, ce n’est pas simplement de la construction d’un film génial dont il s’agit, mais bien d’une analyse et d’un message. Cette quasi hystérie et omniscience de l’absurde rappelle au spectateur que la guerre est avant tout le fruit d’une affaire d’Hommes et que l’Homme est avant tout esclave de la frivolité. La situation de possible guerre nucléaire (grave donc) est sans arrêt perturbée par les éléments superficiels qui constituent la vie de chacun, comme le coup de téléphone de la maîtresse de Buck durant cette réunion de la plus haute importance, ou encore la panne de monnaie de Mandrake lorsqu’il tente d’appeler le président des États-Unis (et qu’il demande à un soldat de détruire le distributeur de Coca-Cola pour pouvoir prendre les pièces – nous rions rien qu’en l’écrivant.) La paranoïa « anti-coco », la critique de l’administration et des règles ne restent évidemment pas sur le banc de touche et jouent en première ligne dans cette folle histoire qu’est Docteur Folamour.

 

Alors, Stanley Kubrick en noir et blanc, Peter Sellers dans trois rôles différents, de la déglingue et des fous rire : qui dit mieux ?

PERSONNE.

Achevez la journée la plus absurde de la semaine par la soirée la plus absurdement géniale qui soit, telle est notre devise.

Crédit images: cinema.jeuxactu.com (couverture) – fr.pokerlistings.com

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  4 comments for “Dominicalement vôtre – Docteur Folamour

  1. 9 février 2016 at 15 h 06 min

    Ta dernière phrase est juste un monument!
    Bref, je fais partie du cercle très réduit des « pas si fans de Kubrick que ça ». J’avoue qu’à part Barry Lyndon, que j’aime vraiment vraiment beaucoup, le reste de ses films m’intéresse plus ou moins, même si je leur reconnais à tous une véritable valeur cinématographique (y’a de la mise en scène, y’a pas à dire).
    Du coup, pour le souvenir assez lointain que j’en ai, le docteur Folamour m’avait assez amusée dans l’ensemble, mais je l’avais trouvé assez fatigant, c’était peut être dû au jeu de Sellers, au rythme du film ou de mon état à ce moment, je ne sais plus. Il faudrait que j’essaie d’y rejeter un œil pour me refaire une idée.

    • Z.
      9 février 2016 at 16 h 26 min

      Ma phrase et moi même te remercions pour ton compliment!!
      Je comprend très bien ce que tu veux dire par rapport à Stanley, même si je suis très fan. Je pense vraiment que retester le Dr.Folamour peut être une très bonne expérience, sans forcément insuffler plus d’amour dans ton coeur, mais juste pour analyser le nombre incroyable de punchlines et de folie qu’offre ce film. Sincèrement il y en a tellement que ça en est presque déroutant hahaha (rien que d’y penser je ris comme une baleine).

  2. 8 février 2016 at 18 h 55 min

    Décidément Kubrick savait tout faire dans tous les genres et ce Docteur Folamour est un petit bijou avec un grandiose Peter Sellers et un impeccable George C. Scott !

    • Z.
      9 février 2016 at 16 h 20 min

      J’approuve, j’approuve, j’approuve! Ce film est juste parfait!

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