Dominicalement Vôtre – Mange, prie, aime

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Ryan Murphy, 2010

 

 

Diffusion dimanche 12 juin, 20h50, HD1

 

Pour le grand retour dominical de Bizard Bizard, nous n’aurions pu trouver pire dimanche ! Telle une punition (bien méritée) pour notre manque de rigueur durant ces dernières semaines, la télévision s’est vengée et nous a mis à l’épreuve avec des propositions plus inintéressantes les unes que les autres. Mais vous connaissez désormais vos fidèles chevaliers et vous savez qu’ils seraient capables de tout pour vous trouver une raison d’être le dimanche soir.

Voilà pourquoi après des heures passées à lire entre les lignes du programme télé notre choix s’est finalement arrêté sur l’un des films que nous nous sommes toujours bien gardé de voir : Mange, prie, aime. Armé de la fougue et du courage directement hérité de notre ancêtre (Charles Le Téméraire, vous vous en doutez) nous avons sauté le pas pour voir ce que cache cet œuvre au titre racoleur.

Elizabeth (Julia Roberts) n’est pas satisfaite. Son mari, sa grande maison, New-York et son travail lui procure la joie que l’on peut avoir lorsqu’on lit le dictionnaire. Après avoir quitté son tendre époux et vécu une petite amourette avec un jeune acteur (James Franco) – et peut-être écouté « J’me tire » de Maitre Gims aussi – « Lizzy » a compris : elle doit partir pour mieux se retrouver. Elle décide donc d’entamer un grand voyage initiatique où elle compte manger comme un porc en Italie et prier avec ferveur en Inde pour pouvoir hypothétiquement re-aimer à Bali. Ce petit trip existentiel la mènera sur la route de nombreux personnages et sera semé de quelques « pseudos » aventures…

La première chose que l’on peut dire est : « on l’a fait ! ». Oui, au bout de six ans de refus catégorique nous avons réussi à nous surpasser, oui au bout de deux heures vingt d’ennui mortel nous avons survécu, oui nous sommes des guerriers de la télé et nous avons notre place à Koh Lanta.

Tiré du best seller d’Elizabeth Gilbert – qui a vraiment vécu toutes ces choses là – ce film hallucinant de niaiserie pose cependant de vraies questions existentielles : comment Ryan Murphy a-t-il pu faire ça ? (Nous connaissons la réponse à cette question : Ryan est fou. Mais c’est pour ça qu’on l’aime, dans la joie comme dans la douleur) Qui a accepté de produire une chose pareille ? La longueur du film est-elle légale ? Est-ce que Julia Roberts, Javier Bardem et James Franco étaient poursuivis par le fisc à ce moment là ? Est-ce que l’on a menacé de tuer leurs famille pour les obliger à jouer dedans ? Autant d’interrogations qui subsistent avant, pendant et après ce film absolument aberrant, qui, malgré tout, n’arrive pas à être détestable.

Expliquons nous (histoire que vous n’alliez pas croire que nous sommes victimes d’un problème de multiplication de la personnalité). Bien que le scénario soit particulièrement mal écrit, que l’histoire n’est aucun intérêt et que ce film présente un manque de profondeur extraordinaire – alors qu’il est sensé prôner l’inverse – son potentiel de film dominical n’est pas négligeable. Cette grande et interminable foire aux clichés se laisse regarder justement car elle vous offre la possibilité d’exercer tous type d’activités avec un fond sonore et visuel auquel vous pourrez vous raccrocher entre un envoi de sms et la découverte du synonyme de « soldat américain » dans vos mots fléchés.

De plus, Mange, prie, aime est doté de quelques qualités qui ne vous feront tout de même pas oublier l’absurdité des rencontres entre les personnages qui mettent une minute trente, au bas mot, à devenir BFF (même les enfants de maternelle galèrent plus que ça pour se trouver des amis dans la cour de récré) :

  1. Vous vous souviendrez que si Julia Roberts est l’une des actrices les mieux payée sur Terre c’est parce qu’elle joue exceptionnellement bien – dans le cas présent on pourrait même parler de prouesse artistique au vu de la qualité de son jeu dans la nullité de ce film.
  2. Vous vous rappellerez que James Franco est vraiment beau.
  3. Vous recommencerez à économiser pour aller à Bali.
  1. Et puis c’est tout !

 

Alors si vous êtes partant pour une hallucination cinématographique vous savez qu’il ne vous reste plus qu’à taper 20 sur votre télécommande. Et puis si en fait pas trop, reste la possibilité de taper 1 et regarder Allemagne-Ukraine…

On vous l’a dit, aujourd’hui est un dimanche bien compliqué.

Crédits images: lexpress.fr (couverture) – toutlecine.challenges.fr – amazon.fr – toutlecine.challenges.fr

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  6 comments for “Dominicalement Vôtre – Mange, prie, aime

  1. 16 juin 2016 at 14 h 49 min

    Alors bon est ce que je peux dire que j’avais envie de le voir sans me faire tappé dessus ?
    Pour essentiellement Julie Robert & les voyages !!
    Bon je me contenterai du bouquin et dimanche nous étions bien sur Allemagne Ukraine ne t’en fais pas !!

    • Z.
      18 juin 2016 at 0 h 46 min

      Excellente initiative! Mais bon écoutes il faut laisser la chance aux chansons, sait-on jamais, peut-être que tu tomberas dessus au hasard un soir et tu rempliras un mot fléchés fore 4!

  2. 14 juin 2016 at 18 h 34 min

    Ahahaha je n’ai jamais eu le courage de regarder ce film malgré ma curiosité et cette chronique hilarante (et puis il me semble qu’il y avait une « polémique » autour des âges des acteurs qui ne correspondaient pas du tout à ceux des personnages qu’ils incarnent).

    • Z.
      16 juin 2016 at 10 h 25 min

      Je suis ravie que tu ai apprécié cet article!
      Mais alors vraiment tu ne perds rien, et tu peux largement te passer de voir ce film. Sérieusement c’est une aberration! hahahahaha!

  3. 12 juin 2016 at 13 h 01 min

    Vous m’avez tué (cet article ayant été écrit au pluriel, je me permets d’employer le « vous » plutôt que le « tu » hein). Alors personnellement, ce film ne m’a jamais tenté (et pourtant, j’adore Julia Roberts)(depuis Pretty Woman, comment l’oublier ?)… Mais je me souviens bien avoir vu les éditions de poche du livre dont il est tiré avoir envahi les rayons de la Fnac et les étagères de ma librairie Decitre. Cela dit, un des principaux arguments qui ne m’a jamais donné envie d’appuyer sur lecture, c’est la présence de Javier Bardem. C’est physique, je peux pas, il me fait peur.

    • Z.
      16 juin 2016 at 10 h 23 min

      Mais tu sais que je comprends tellement ton problème avec Javier, je l’aime beaucoup mais il est terrifiant!
      En tout cas de manière plus générale, Mange, prie, aime est vraiment une expérience dont tu peux te passer, à tenter uniquement un dimanche soir.

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