Dominicalement Vôtre – Volver

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Pedro Almododvar, 2005

 

 

Diffusion dimanche 25 septembre, 20h45, Arte

 

Un dimanche morose ? Une gueule de bois insoignée ? De la vaisselle dans l’évier ? Un programme télé pas très youpi-oupla-boum ? La brèche est ouverte et les idées noires viennent envahir votre pauvre tête.

Pourtant, vous le savez désormais, Bizard Bizard ne vous laissera jamais tomber. En ce premier week-end d’automne – période classifiée catastrophe émotiono-naturelle – nous avons trouvé le grand remède au grand mal qu’est le deuil de l’été : Volver.

 

Orphelines depuis de nombreuses années, Raimunda (Penelope Cruz) et Soledad (Lola Duenas) ont quitté leur village natal et vivent humblement à Madrid. Mais cette existence plus ou moins tranquille va se voir chamboulée lorsque la fille de Raimunda (Yohana Cobo) assassine son père accidentellement pile quand leur tata gaga meurt. Ces deux incidents vont faire ressurgirent les fantômes du passé et c’est entre pseudo-fantôme, frigo et talons compensés que leur présent sera modifié et les comptes peu à peu réglés…

Avec Volver notre querido Pedro nous offre l’un des films les plus important de sa filmographie. Cette œuvre, dans notre top 5 du réalisateur, n’est peut-être pas son meilleur mais il est sûrement LE long-métrage pivot de sa carrière.

Après la grande période almodovarienne pleine de folies, d’excès, de génialitude, de drames et de couleurs, Volver ressemble à une sorte de catalyseur et de passerelle entre la déglingue olé-olé de ces années et le côté définitivement plus sombre vers lequel le réalisateur va se tourner. Le film se positionne ainsi comme un chef d’œuvre d’équilibre, reprenant toutes les thématiques chères à Pedro, notamment les femmes et la relation mère-fille, tout en incluant un aspect terriblement dramatique habilement allégé par un ton drôle et décalé. Contrairement à Étreintes Brisées, La Piel que habito ou encore Julieta, Volver sait prendre aux tripes sans s’abîmer dans les méandres du malheur. Le film est une véritable ode au présent et à la vie, dévoilant des personnages forts et touchants, ne cessant d’aller de l’avant malgré la lourde chaîne qui les attache au passé.

Aussi amusantes qu’émouvantes, ces deux heures passées en compagnie du fleuron des actrices espagnoles savent mêler tradition et nouveautés, tant au niveau du scénario que de l’évolution du réalisateur. Les (dernières) retrouvailles, après quinze ans de séparation, avec Carmen Maura et la première collaboration avec Penelope Cruz, viennent, comme un témoin supplémentaire, souligner cet aspect de transition présent tout au long du film (il faudra quand même attendre Étreintes Brisées – et toutes ses références à Femmes au bord de la crise de nerfs – pour que Pedro arrive à faire le deuil de son premier amour Carmen). Comme une preuve qu’il est possible de se libérer du passé, Volver renvoie un message positif, et révélateur quant à l’évolution du réalisateur.

Car c’est sûrement la dernière fois que Pedro nous offrira Son ça si caractéristique : une patte espagnole reconnaissable entre mille. La seule capable de sublimer le drame par l’humour, le vulgaire par la beauté, les couleurs par les couleurs et les femmes par l’amour. Volver n’est ni plus ni moins qu’une affirmation du génie qu’est Pedro Almodovar, un homme qui sait tout faire, un artiste complet, qui malheureusement nous a un peu délaissé ces dernières années (après ces quelques paragraphes vous pouvez imaginer la douleur que nous avons éprouvé après Julieta).

Est-il vraiment nécessaire de conclure par un autre conseil que BRANCHEZ VOUS SUR ARTE ?

Nous ne pensons pas ! Alors branchez vous sur Arte et laissez les feuilles mortes de côté pour vous faire irradier par le soleil almodovarien.

 

 Crédits images: mjeyscripts.wordpress.com (couverture) – filmandfurniture.com – kebekmac.blogspot.com – filmandfurniture.com

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  10 comments for “Dominicalement Vôtre – Volver

  1. Z.
    11 octobre 2016 at 10 h 08 min

    Tu as raison! Il faut savoir rester positif!

  2. 3 octobre 2016 at 15 h 43 min

    Pour moi, le film Pivot qui s’ancre dans le mélo, ce serait plutôt Tout sur ma mère, que j’aime vraiment beaucoup. Mais c’est vrai que Volver est un des derniers Almodovar qui m’ait véritablement touchée et qui garde un peu de la folie colorée des années movida. Mais c’est plus fort que moi, chaque fois que je veux revoir un Almodovar, j’en reviens toujours à ma trilogie personnelle: « Femmes au bord de la crise de nerf », « Talons aiguilles », « Attache-moi »

    • Z.
      3 octobre 2016 at 19 h 50 min

      Nous avons EXACTEMENT la même trilogie almodovarienne!! Exactement pareil!
      Oui c’est vrai que tu as raison pour Tout sur ma mère, il y a aussi Parle avec elle. Mais je ne sais pas, Volver a un goût d’adieu particulier

      • 4 octobre 2016 at 9 h 25 min

        AH, c’est un signe, on tient un truc: je pense qu’en fait, c’est surtout l’époque où il est au sommet de son art. Il garde de son cinéma des débuts la folie et l’humour, mais il est au top de son esthétique soap coloré. C’est drôle, émouvant, étourdissant, tout ce que j’aime chez lui. Et c’est vrai que Volver est un peu le côté de ces films-là, comme quand on regarde les spice girls et qu’on a l’impression que c’était la bonne époque de l’insouciance

        • Z.
          4 octobre 2016 at 11 h 20 min

          Ta métaphore avec les Spice Girls est juste et saisissante!
          J’essaye vraiment de me raisonner et d’apprécier le nouveau cinéma de Pedro, mais comme tu dis, à la fin des années 80 et le début des années 90 il était juste au sommet de son art, sachant mêler une multitude d’élément narratifs et stylistiques avec justesse. Du coup, for ever and ever pour moi c’est ça le style Almodovar.

  3. 28 septembre 2016 at 18 h 19 min

    Raaah ça a été ma rencontre avec Pedro ! Tellement beau, tellement puissant, magnifiquement bien interprété, une histoire prenante… Un de mes Almodovar préférés !

    • Z.
      29 septembre 2016 at 10 h 29 min

      C’est vrai que ce film est fabuleux! Ce que j’aime beaucoup c’est qu’avec Volver Pedrito se réinvente tout en restant fidèle à ce qu’il est. Un exercice très ardu. Et qui ne peut que me faire regretter ce qui s’en est suivi (exception faite des Amants Passagers et La Piel que Habito, presque un ovni dans sa filmographie).

      • 30 septembre 2016 at 14 h 24 min

        J’ai eu un peu de mal avec La piel que habito, mais il faudrait que je le revoie, peut-être que j’attendais autre chose sur le moment.
        On est d’accord : Les Amants passagers, c’est en dessous. Mais étonnamment j’ai pas détesté, y a du potentiel, y a un fond. C’est juste vulgaire et vraiment trop kitsch.

        • Z.
          2 octobre 2016 at 11 h 01 min

          Mais à la limite Les Amants Passagers c’est celui que j’ai préféré dans cette période. Disons qu’il a vraiment renouer avec son style années 80, en moins bien certes, mais c’est vraiment la même veine.
          J’aimerai dire que je prie pour qu’il nous offre un nouveau super film, mais franchement je n’y crois pas vraiment…

          • 10 octobre 2016 at 18 h 28 min

            Oooh c’est cool de trouver quelqu’un qui défend ce film, c’est pas si évident !
            Allez moi j’y crois !! 😀

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