La rentrée de Pablito – Narcos [saison 2]

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10 épisodes (50 min)                         Créateurs : Chris Brancato, Carlo Bernard, Doug Miro

Chaine d’origine : Netflix                 Diffusion : 2 septembre 2016

Avec : Wagner Moura, Boyd Holbrook, Pedro Pascal, Manolo Cardona…

Pas « a la mierda » cette fois : saison 1 vs saison 2

 

Si la saison 1 de Narcos fut une révélation pour un grand nombre de seriefiles et de non initiés, l’honnêteté veut que nous vous disions la vérité : ce ne fut pas notre cas. Nous entendons d’ici les nombreux « shame ! shame ! SHAME !» rageurs venant de ce bastion d’adorateurs. Nous sentons les regards dépités pleins d’incompréhension sur nos pauvres enveloppes charnelles. Mais croyez le, nous fûmes les premiers à souffrir de ce quiproquo ; ne cessant de nous poser des questions existentielles, allant même jusqu’à hurler face à la lune « Pourquoi ? Pourquoi?!? ».

Mais ça, c’était avant. Car comme chacun sait, la curiosité est une vilaine qualité. Ajoutez-y un compte à rebours netflixiennement pompeux, des évanouissements de fans trépignateurs, notre amour inconditionnel pour Wagner-Moura-l’ex-capitao-Nacimento, et nous voilà les yeux dans yeux avec cette fameuse saison 2.

Après s’être échappé de sa propre prison, Pablo Escobar est bien décidé à ne pas changer d’orientation professionnelle et à donner un deuxième souffle à sa carrière. Mais c’est bien sûr sans compter sur la détermination gouvernementale à le capturer, l’explosion d’une guerre intempestive avec les cartels voisins, l’apparition d’une veuve éplorée et de tueurs de FARC passionnés par leur métier…

Nos pas, errant sur le sentier de la perdition, ont enfin pu marcher dans les traces laissées par les fidèles ! (Cet heureux événement ravi notre cœur sans pour autant nous faire ravaler nos propos introductifs.)

Si cette deuxième saison nous a transporté c’est tout simplement car elle a su amoindrir et effacer les points négatifs de son homologue premier, révélant ses miracles au détour du quatrième épisode. Ici, le côté « sérié-fiction »  – comptant principalement sur l’omniprésence des images d’archives et de la docte voix-off du policier américain – a enfin su se mettre légèrement en retrait pour laisser place à l’histoire et aux personnages. Bien que cela soit l’une des qualités louée de la série, cet aspect « explicatif », bien trop présent, avait tendance à éloigner le netspectateur de sa mission émotionnelle ; faisant d’une série à but trépidant un cours sur le narcotrafic donné par un personnage que l’on ne sent jamais s’intégrer au monde dont il parle. La saison 2 paraît enfin trouver un équilibre entre fiction et explication, ne diminuant jamais la qualité des informations factuelles tout en réussissant à les intégrer intelligemment au récit (SANS LE COUPER. Oui, nous insistons beaucoup sur ce point).

La focalisation sur l’histoire et non plus sur l’Histoire est d’autant plus évidente lorsque l’on constate la différence d’amplitude temporelle entre les deux saisons. La première retrace les quinze ans d’accession au pouvoir par Escobar au trône de Medellin, tandis que la deuxième se concentre sur la dernière année et demie qu’il lui reste à vivre. En mettant en avant la psychologie des personnages et y en associant l’émergence de protagonistes secondaires dans un climat où la fin de parcours est palpable, le second volet de la série s’avère bien plus intense et intéressant. Notre cher (cher, cher) Wagner peut enfin monter de quel bois artistique il se chauffe et brille par son talent et sa moustache. Car bien que José Padilha (réalisateur de Troupe d’Elite et dieu de notre idolâtrie aussi) n’a cessé de marteler que Narcos n’était pas une série sur Pablo Escobar mais sur le narcotrafic, le soucis est que lorsque la communication faite autour ne se concentre que sur le saint démon de Medellin, et bien la demande répond à l’offre. Voilà pourquoi cette deuxième saison a su apaiser les esprits (du moins les nôtres) en nous faisant cadeau d’un Pablo enragé et acculé, fascinant comme jamais. Ce point, crucial, est une manifestation majeure de la subtilité que l’on retrouve dans cette nouvelle saison. Comment expliquer le fait que l’on s’attache au Pablo Escobar rentrée 2016 impitoyablement plus sanglant alors qu’on l’exècre lorsqu’il caressait le rêve de sauver le monde et la Colombie ? Par une vue d’ensemble qui se rapproche humainement et intelligemment de son sujet, laissant une plus grande liberté d’expression aux émotions. Car malgré tout ce que peut en penser José, on ne peut pas construire une série qui ne joue que sur un personnage sans se focaliser décemment sur ce personnage.

Par contre on peut inverser la tendance en offrant une fin de saison géniale qui donne la possibilité de faire de Narcos une vraie série sur l’histoire du narcotrafic avec l’assurance d’une saison 3 et 4, sans Pablo mais pleine de promesses.

L’avis de Bizard Bizard : oui, oui, oui, OUI !

 Crédits images: parismatch.fr (couverture) – modernists.fr – stephanelarue.com – rockyrama.com

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  2 comments for “La rentrée de Pablito – Narcos [saison 2]

  1. 27 septembre 2016 at 15 h 46 min

    Je ne peux pas lire au-delà du troisième paragraphe, parce que j’ai même pas encore vu la saison 1 (mais elle est sur ma psv pile de séries à voir). Donc j’aime beaucoup ces trois paragraphe qui m’intriguent et qui me décourage un peu aussi, parce que je sais maintenant que même si j’aime pas trop la saison 1, il faudra que je pousse sur la saison 2… Je reviendrais dans le coin pour te conspuer si j’aime ni l’une ni l’autre gniark gniark gniark…

    • Z.
      29 septembre 2016 at 10 h 26 min

      J’attend avec joie ton conspuage hahaha!
      Mais tu sais cette sombre affaire de saison 1 est vraiment mystérieuse, je dois faire partie des 1% de la population narcosienne à ne pas avoir été emballée pas la saison 1 et folle de la 2, phénomène aussi rare qu’une poule à dent.
      J’ai hâte que tu me dises ce que tu en penses.

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