L’art de se réinsérer – Un Petit boulot

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Sortie le 31 août 2016                   Réalisation : Pascal Chaumeil               Durée : 1h37

Avec : Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alice Belaïdi, Alex Lutz…

Production : Gaumont, Scope Pictures, Paddock Films

Distribution : Gaumont Distribution

L’honnêteté peut tuer

 

Alors que dans le nord de l’Angleterre les chômeurs trouvent le salut de la reconversion professionnelle en embrassant la carrière de stripteaser, dans le nord du continent les demandeurs d’emploi optent plutôt pour celle de serial killer… Vous vous doutez bien que lorsqu’une histoire pareille est venue titiller nos oreilles, curieux et heureux nous fûmes. Mais lorsque nous vîmes que ce joyeux événement a été orchestré par le très regretté Pascal Chaumeil, adapté, scénarisé et dialogué (ce verbe existe nous l’affirmons) par notre Mimi (chel Blanc) préféré et interprété par notre Roro (main Duris) adoré, et bien… C’est tambours battants que nous nous sommes rendus au cinéma.

Jacques (Romain Duris) coule des jours malheureux depuis la fermeture de l’usine où il travaillait. Trompant l’ennui et comblant le manque d’argent en enchaînant petites réparations et dépannages, au bout de deux années il est forcé de constater que l’oisiveté et la pauvreté règne en maîtresse sur son existence. Alors, lorsque le caïdo-mafioso de la région (Michel Blanc) lui propose de tuer sa femme moyennant rémunération, Jacques n’hésite pas longtemps et retrouve le goût du travail bien fait. Mais peut-être un peu trop…

« Je suis honnête jusqu’au bout des ongles. J’vais la tuer sa femme » : voilà ce qui vous attend. Un Petit boulot invite à voyager dans un monde ou moral et arme de poing évoluent main dans la main. Associant les paradoxes avec virtuosité, ce film, adapté du roman de Iain Levison, aussi affreux qu’amusant est tout de même plus comique que noir. La misère sociale et la satire de notre monde servent de toile de fond et de raison sans pour autant jamais peser sur l’ambiance en venant prendre le devant de la scène déjà occupé par une loufoquerie plus que jouissive.

Et c’est à ce moment là que nous nous devons de remercier du fond du cœur notre cher Mimi. Parce que l’on vous le dit, l’ex Jean-Paul Duss n’a pas chômé. Avec un scénario clair et des dialogues classés « XPTDR », l’acteur prouve qu’il n’en est pas juste un et sait être performant sur tous les plans. Cette cascade incessante de phrases plus drôles les unes que les autres où le sujet principal (« comment ne pas être un pitbull quand la vie est une chienne », nous vous laissons retrouver l’auteur de cette punchline) est omniprésent sans pour autant être abordé frontalement, atteint le nirvana du plaisant. Sublimée par une narration dynamique mêlant voix-off et action en même temps, le film sait rester divertissant du début à la fin. Le spectateur adopte le point de vue du personnage principal tout en ayant la possibilité de rester extérieur à l’histoire, ceci conférant le luxe absolu de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre pour le meilleur et uniquement le meilleur.

Mais comme un bonheur n’arrive jamais seul, il est désormais l’heure de remercier Pascal Chaumeil. Maître incontesté dans l’art d’amuser, le réalisateur met encore une fois tous ses talents en œuvre pour offrir une mise-en-scène énergique et décalée à cette histoire morale de l’immoralité. Transformant les scènes de meurtres et les moments de stress en comédie, il ne cesse de surprendre et de réjouir. Sachant toujours aussi bien s’entourer, Chaumeil nous propose un casting irréprochable histoire de remettre une couche au capital sympathie du film. Le duo Duris/Blanc fonctionne à merveille, les deux comédiens incarnent ces protagonistes gentils-méchants chacun à leur manière, découvrant les trésors de pince sans rire et de folie qui les habitent. Les personnages secondaires sont tout aussi convaincants, Alice Belaïdi, Gustave Kervern, Charlie Dupont ou encore Alex Lutz livrent tous des performances d’un naturel ahurissant, apportant plus d’une cerise sur le gâteau.

Avant de conclure et après tous ces remerciements nous soulèverons tout de même un petit bémol quant à la seconde partie du film légèrement moins intéressante que la première. Il est vrai qu’une fois l’histoire mise en place, la suite est un tout petit moins piquante que la découverte. Évidemment on ne parlera jamais ô grand jamais d’ennui, mais seulement d’un moins dans l’intérêt que l’on peut porter au déroulé.

Ce qui n’empêche qu’Un Petit boulot est un film on ne peut plus réjouissant qui garanti un vrai bon moment. Complet à tous les niveaux, c’est le sourire aux lèvres et le cœur heureux que vous sortirez affronter votre premier combat contre les feuilles mortes.

L’avis de Bizard Bizard : Allez-y au galop !

Crédits images: europe1.fr (couverture) – lexpress.fr – allocine.fr

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  2 comments for “L’art de se réinsérer – Un Petit boulot

  1. 6 septembre 2016 at 14 h 30 min

    Tu me donnes vraiment très envie de découvrir ce film auquel je ne me serais peut-être pas intéressée de prime abord. Et bien évidemment, ça n’a rien à voir avec le tag « frites » qui m’intrigue au plus au point

    • Z.
      7 septembre 2016 at 10 h 36 min

      Ah vraiment je te le conseille chaudement! Très très bien, rapide et efficace, franchement en sortant de la salle j’étais ravie.
      (hahaha moi qui pensais qu’on ne regardait pas trop mes tags… Chez nous c’est un peu la porte ouverte à absolument toutes les fenêtres. Mais sache que frites il y a)

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