L’Oeil de Moscou – American Horror Story: Hotel

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12 épisodes (45 min)             Créateurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk

Chaine d’origine : FX           Diffusion : 7 octobre 2015 – 13 janvier 2016

Avec : Kathy Bates, Denis O’Hare, Lady Gaga, Sarah Paulson, Evan Peters, Chloë Sevigny, Wes Bentley, Angela Basset, Matt Bromer, Cheyenne Jackson

Quand la folie est aussi douce que sombre

 

Après quatre saisons placées sous le signe du meurtre, du sang et de la déglingue poétique, American Horror Story revient pour la cinquième fois dans une apothéose de toutes ces petites choses là.

Fière de compter parmi ses locataires un bon nombre de créatures en tous genres, l’Hôtel Cortez se positionne comme un lieu mystérieusement terrifiant dans la jungle de Los Angeles. Si quelques-uns préfèrent fuir à la vue de la noble bâtisse alors que d’autres se font prendre au piège, il n’y qu’un un seul énergumène, l’inspecteur John Lowe, décidé à démêler le vrai du faux. Résolu à percer les nombreux secrets de l’hôtel, le policier se confrontera à des gens hautement infréquentables, au péril de sa santé mentale.

American Horor Story : Hotel est sans conteste la saison la plus sombre de la série, pour preuve, Ryan Murphy et Brad Falchuk sont absolument d’accord sur ce point-ci. Réelle ode à la décadence, on y retrouve les thèmes de prédilection qui ont fait la gloire des autres saisons dans une version noire c’est vraiment vraiment noir. En l’absence de la légèreté d’une Jessica Lange et en la présence d’un surnombre d’êtres morts vivants, les cinq premiers épisodes dévoilent une atmosphère lourde, étouffante et franchement tristounette. Comme dans Murder House et contrairement à Asylium, Coven et Freak Show, ici les personnages ont en majorité passés l’arme à gauche. John Lowe, le seul être vivant donc, est confronté à des créatures coincées dans l’éternité et obligées de se nourrir de sang humain pour survivre sans pour autant jamais avancer. Enfermés dans leur corps et dans cet hôtel, les personnages font et refont les mêmes choses sans qu’une lueur d’espoir ou de vie s’immisce dans leur quotidien. L’idée du « surplace » et de la stagnation s’illustre aussi au travers de la thématique des enfants morts, parce qu’ici, croyez le bien, il y en a beaucoup. Ainsi, bien qu’un sang fringuant coule dans les veines des trois pèlerins qui peuvent se vanter d’être vivants, les humains sont aussi piégés que les morts dans cette « dynamique de la décadence » : ils existent sans vivre, ils continuent sans possibilité d’évolution. Le monde du dehors est absent et l’unique réalité qui nous est présentée est celle que renferment les moquettes shiningesque et les murs épais de cet hôtel éclairés à la seule lumière des lustres.

Oui mais, il ne s’agit que des premiers épisodes. Car une fois passé ce cap de la noirceur, la magie opère et la joyeuse déglingue fait son apparition. Avec le retour de certains acteurs et personnages des saisons précédentes, l’histoire évolue de la façon la plus délurée et drôle qui soit. Les flashbacks, éléments majeurs dans American Horror Story, apportent un souffle de vie au récit qui prend alors le plus délectable tournant salvateur que l’on puisse souhaiter. Cette métamorphose de l’ambiance permet aux téléspectateurs non pas d’apprécier, car cela aura déjà été fait, mais d’adorer les personnages, les décors et les costumes. Car s’il y a bien une chose que l’on peut dire sur cette cinquième saison c’est qu’elle est esthétiquement la plus belle. Les décors sont un enfer paradisiaque de symétrie et de lignes droites. Les costumes, d’une extrême beauté, font corps avec les acteurs et les habillent à la perfection.

Et enfin les personnages… Lady Gaga darkounette comme jamais, dans le rôle de la Sainte Rita des Enfers, réussit à créer un personnage à part entière, loin d’être dans l’ombre de Jessica lange (bien qu’on ne puisse quand même que regretter sa présence). Les métamorphoses des protagonistes sont particulièrement abouties, et on ne peut que citer l’impérial Denis O’Hare qui offre une performance de la tenancière transgenre absolument géniale. Chloë Sevigny sort de sa zone de confort et livre une interprétation de la mère BCBG tarée tout en nuances. Sarah Paulson, Kathy Bates et Angela Basset sont tout aussi magistrales. Avec une mention spéciale pour Lily Rabe qui revient le temps d’un épisode et qui prouve encore une fois que la force de la comédie est avec elle.

Pour conclure, American Horror Story : Hotel, est une saison pleine de surprises et une réussite absolue. Sans aller jusqu’à dire que c’est notre préférée, nous pouvons néanmoins affirmer qu’elle est certainement la plus aboutie. Avec une B.O encore une fois génialissime, des personnages hors du commun, de la déglingue en veux-tu en voilà et cet amour pour les scènes gratuites (celle de Hotline Bling… Merci petit Jésus d’avoir fait que de si belles choses existent), Ryan Murphy et Brad Falchuk vont au delà de nos espérances et nous livrent leur masterpiece.

L’avis de Bizard Bizard : REGARDEZ !

Crédits images: gagadaily.com (couverture) – allocine.fr – place-to-be.net

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  6 comments for “L’Oeil de Moscou – American Horror Story: Hotel

  1. 28 janvier 2016 at 15 h 26 min

    Arf… Je fais visiblement partie de ceux qui n’encensent pas vraiment cette saison… Sauf pour Denis O’Hare, dont je ne me remets toujours pas, ahah. J’avais été affreusement déçue par Freakshow (sauf en ce qui concerne Jessica Lange, la femme parfaitement parfaite) et j’avais très peur de l’arrivée de Lady Gaga, faut bien le dire. Du coup, je partais remplie d’a priorio négatifs (je sais, c’est mal).

    Bon, y’a quand même du mieux par rapport à la quatrième saison, on tourne moins en boucle au niveau de l’histoire. Mais par contre, non, Lady Gaga, je peux pas. Elle dégage absolument aucune émotion, son visage s’assimile à un masque en plâtre (aucune ride ne s’active quand elle sourit, ça m’angoisse) et elle a l’air de trimballer son malheur à chaque plan en ayant l’air de s’emmerder royalement (ou de se regarder jouer, ce qui est encore pire).

    La voir récolter un Golden Globe (ou un Emmy, je sais plus) m’a franchement fait halluciner…

    • Z.
      28 janvier 2016 at 20 h 41 min

      Lady Gaga ne m’a pas dérangé, mais disons que j’ai trouvé qu’elle jouait son rôle de Lady Gaga point barre, avec tout le statisme et le malheur que cela implique. Là où je suis tout à fait d’accord avec toi c’est sur cette histoire de Golden Globe, sincèrement j’ai pas compris!
      J’étais aussi parti avec pleins d’a priori (sans Jessica rien ne va) mais j’ai vraiment été agréablement surprise par l’histoire et les personnages. Par contre je crains pour une éventuelle saison 6, l’exclusivité va peut être venir à bout de l’exclusivité.

  2. 27 janvier 2016 at 14 h 02 min

    J’avais adoré « Freak Show », mais cette nouvelle saison est allée au-delà de mes espérances ! Je l’ai trouvée parfaite en tout genre, et j’ai beaucoup aimé le côté plus sombre que toutes les autres saisons. Entonnement, aucun personnage ne m’a déplu. J’adore Liz, Tristan et Iris, dont les histoires sont aussi intéressantes que belles. Gros coup de cœur pour cette saison (ça place la barre très haute pour la prochaine !). xx

    • Z.
      28 janvier 2016 at 11 h 35 min

      Ah ça tu l’as dit! La barre est vraiment placée très très haut pour la prochaine saison. Celle-ci a tellement été bien faite… Malgré ma retenue au début j’ai vraiment été bluffée par la suite, tout est parfait! Et l’idée de faire revenir certains personnages était génial. Comme toi l’ensemble est allé « au delà de mes espérances »

  3. 26 janvier 2016 at 14 h 39 min

    J’ai beaucoup aimé cette saison même si au début (même si ça me plaisait) j’étais sceptique, je ne voyais pas trop où ça voulait en venir et puis une fois qu’on a vraiment eu des explications, je trouve que tout prend vraiment son sens. La saison est vraiment addictif, les personnages intéressants (même si je trouve certains personnages restent mal exploités je trouve, du genre Matt Bomer et Cheyenne Jackson, et même Sarah Paulson) mais le casting est très bon. Lady Gaga fait du Lady Gaga (et on sent l’absence de Lange) mais elles s’en sort super bien et pareil coup de coeur pour Denis O’Hare qui aurait mérité le Golden (espérons qu’il aura le Emmy).

    • Z.
      26 janvier 2016 at 23 h 55 min

      J’ai eu exactement la même sensation que toi. Le début, bien que très sympathique quand même, est un peu dur à cerner. Et puis une fois que ça démarre… Envolée lyrique!
      Je prie aussi pour le Emmy, Denis O’hare est PARFAIT dans cette saison.

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