L’Oeil de Moscou – Carol

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Sortie le 13 janvier 2016             Durée : 1h58           Réalisation : Todd Haynes

Avec : Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler

Production : Film4, Killer Films, Number 9 Films   Distribution : The Weinstein Compagny

 

En attendant Rocky…

 

En ce mercredi 13 janvier, de choix il n’y en avait pas. La journée devait s’achever dans une apothéose de joie et d’uppercuts pour célébrer le retour de Rocky Balboa. Mais comme chacun sait, la vie et les séances de cinéma peuvent jouer des tours. Voilà pourquoi après avoir accepté le fait que l’existence n’est qu’une question de timing et d’adaptation nous sommes finalement aller voir Carol (en attendant Rocky… Ne vous en faites pas mes mignons, sa visite sur Bizard Bizard ne saurait tarder).

Dans un grand magasin new-yorkais à la veille de Noël, Carol Aird (Cate Blanchett) une riche femme aussi sophistiquée qu’élégante, rencontre Therese Belivet (Rooney Mara) une jeune vendeuse étrange et lunaire. Après avoir papoté un brin à propos du cadeau idéal pour sa fille, Carol s’en va en oubliant ses gants et en laissant son adresse. Après cette heureuse omission, les deux femmes finissent par se voir et se revoir, jusqu’au jour où Carol, fatiguée par un divorce compliqué, propose à Therese d’aller road tripper dans le grand Ouest. De ce voyage naît une romance et les nouvelles amies deviennent amantes.

Esthétiquement parlant, Carol est une réussite en tous points. Orchestré par une main de maître fétichiste – avec une obsession affirmée pour les mains – le film offre un panel de belles images où le travail de la lumière, des couleurs et de la mise-en-scène ne peuvent être qu’applaudit. Cette prouesse technique et plastique vient auréoler les actrices d’élégance et de beauté en faisant de ces cent dix-huit minutes un ravissement pour la pupille.

Mais (vous vous en doutez, il y en a un). La perfection esthétique du film ne réussit pas à en faire un film parfait et l’enveloppe de la beauté n’est justement qu’une enveloppe. Loin d’être mauvais, Carol est aussi tout aussi loin du chef d’œuvre. La forme supplante le fond au point où l’on se demande si finalement la forme n’est pas le fond, un point c’est tout. Bien sûr que le génie du film réside dans le fait qu’avec quelques phrases et quelques plans le spectateur comprend l’histoire et la psychologie des personnages ; seulement à force de métaphores énigmatiques, de scènes contemplatives, et d’un trop plein d’amour retenu, l’ensemble du scénario et des sentiments humains sont vraiment très retenus. Même si Cate Blanchett est époustouflante (mais quand ne l’est-elle pas ?) et Rooney Mara bonne actrice, on ne sent désespérément pas l’amour entre les deux femmes tandis que l’histoire du divorce de Carol est bien plus intéressante. C’est d’ailleurs dans ces moments là que le film et l’actrice prennent vraiment de la hauteur et subjuguent le spectateur.

Ainsi, au même titre que la plastique, le film s’articule autour de Cate Blanchett. Elle et uniquement elle, car une fois la comédienne à l’écran tout devient secondaire, y compris Rooney.

En conclusion, Carol est un très beau film à tendance insipide. On comprend mais on ne ressent pas grand chose, on observe… et on observe. Des jolies choses certes, mais rien qui ne déclenche le bouton « chute du Niagara » dans notre partie gauche du cerveau, ou qui nous donne envie d’exécuter la danse de la félicité après deux heures d’épanouissement cinématographique.

L’avis de Bizard Bizard : allez-y au trot.

Crédits images:  youtube.com (couverture) – theguardian.com

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  6 comments for “L’Oeil de Moscou – Carol

  1. 17 janvier 2016 at 23 h 29 min

    Personnellement, j’ai bien aimé ce film, dont la mise en scène maîtrisée et calculée et son élégance qui passe par l’esthétique parvient pour moi à retranscrire beaucoup d’émotions, notamment tous les sentiments qui apparaissent à la naissance d’une passion. Je trouve le propos derrière plutôt réussi, plus subtil qu’il en a l’air et les actrices parfaites ! 😀

    • Z.
      18 janvier 2016 at 10 h 23 min

      Je suis d’accord avec toi, mais le seul problème, me concernant, c’est que ça ne m’a absolument pas touché. Même si la mise-en-scène et la forme en général du film révèle beaucoup de choses, l’ensemble avait trop de retenue. Du moins pour me toucher deep in my heart 🙂

      • 18 janvier 2016 at 13 h 55 min

        Disons que c’est tout le paradoxe de ce film (et c’est une remarque que j’ai vu souvent revenir dans des critiques) : comment être ultra classique dans sa forme tout en étant émouvant ? Je comprends que l’esthétique crée du coup une certaine barrière émotionnelle. Bon après je dis pas que j’ai chialé et tout ça, je dirais vraiment que ça m’a touchée (ce qui me parait moins fort comme sentiment).

        • Z.
          18 janvier 2016 at 14 h 25 min

          Je comprend très bien, moi il m’aurait fallu un chouilla de je ne sais quoi en plus pour réussir à être touchée. Mais cela n’empêche qu’il s’agit d’un film extrêmement bien fait, même si ça ne m’a pas procuré d’émotions.

  2. 14 janvier 2016 at 13 h 39 min

    J’ai super envie d’aller le voir, ce film, d’abord parce que Loin du Paradis, du même réalisateur et dans la même veine est un de mes films mélo favoris. Malgré tes réticences, je crois que je vais quand même y aller (ne serait-ce que pour m’en foutre plein l’œil de tenues vintage). Mais bon, je suis super à la bourre en ce moment, et puis y’a Kurt d’amour qui m’attend, et aussi Sly. Je déteste ces moments où tu as envie de tout voir dans ton ciné. Faut que je reprenne des vacances!

    • Z.
      14 janvier 2016 at 17 h 34 min

      Mais tu as bien raison, il vaut quand même le coup d’oeil. C’est vrai que je ne suis pas conquise mais la moitié de la planète l’est, du coup de l’espoir il y a!

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