L’Oeil de Moscou – House of Cards [saison 4]

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13 épisodes (50 min)                                       Créateur : Beau Willimon

Chaine d’origine : Netflix                                Diffusion : 4 mars 2016

 

Avec : Kevin Spacey, Robin Wright, Michael Kelly, Neve Campbell, Derek Cecil

 

Welcome back Mr. President !

 

Après un an d’attente désespérée, le plus intriguant des présidents revient enfin pour faire trembler la Maison Blanche et les écrans Netflix. Accompagné de la divine Claire, Franck Underwood prouve pour la quatrième fois que la manipulation c’est son mantra.

Claire (Robin Wright), toujours bien décidée à quitter son mari et à faire campagne de son côté, se rend au Texas pour voir sa mère mourante. Franck (Kevin Spacey), refusant de trouver un compromis qui contente sa femme, voit sa campagne sabotée par sa chère et tendre Première Dame. Mais des évènements de taille vont interférer dans cette guerre conjugale, poussant les époux Underwood à reformer leur légendaire et machiavélique partnership.

Avec cette saison 4, House of Cards justifie encore une fois sa place dans le peloton de tête des meilleurs séries depuis la création de la télévision. L’étau infernal des intrigues politiques se resserre toujours un peu plus autour des Underwood, nous offrant une saison qui dépasse les limites de la perversité. Les crimes et les manipulations des précédentes années refont surface et viennent demander que l’addition soit réglée.

L’intelligence de cette série brille à plusieurs niveaux, et tout d’abord dans le scénario. Au fur et à mesure des saisons, House of Cards révèle une histoire admirablement orchestrée et réfléchie. Rien n’est laissé au hasard, rien ne peut être oublié et la machine diabolique du cause-conséquence continue à faire son œuvre avec la rigueur et la précision d’un horloger suisse. La cohérence du récit nous amène ainsi à pénétrer encore un peu plus dans l’intimité du couple présidentiel. Kevin Spacey et Robin Wright règnent sans partage sur l’écran et invitent le spectateur à s’immiscer dans leur vie privée, désormais régentée par un certain nombres de doutes. Alors que le couple trouvait sa force dans la participation aux intrigues politiques, il semblerait que ce sont désormais leurs querelles intestines qui régissent ces mêmes intrigues; les épreuves qui reformeront leur partenariat doivent ainsi surpasser tout ce qu’ils ont déjà connu. Cette évolution, d’une logique implacable, nous offre une histoire qui ne cesse de se renouveler, où les enjeux sont cette fois plus personnels et émotionnels.

Mais si cette saison montre clairement qu’elle s’intéresse à l’intimité des personnages c’est parce que leur vie privée prend le pas – mentalement pour eux et visuellement pour nous – sur leur carrière; notamment en évoquant la crise conjugale, la maladie de la mère de Claire, la culpabilité de Franck, le Texas (État d’origine du couple) mais aussi leur concurrents républicains: les Conway. Cette famille américano-parfaite offre un visage jeune, beau, épanoui avec un papa ancien militaire, une jolie maman et deux mignons petits enfants. Cette fois-ci la bataille se joue directement au niveau de la comparaison familiale. Les Conway inondent les réseaux sociaux à grands renforts de photos et de vidéos de leur tribu, invoquant une transparence totale pour leurs électeurs et transformant leur vie privée en téléréalité. Cet aspect de l’histoire révèle énormément de l’état d’esprit et du couple Underwood, qui, ayant choisi de se concentrer sur la manipulation politique pure et simple, n’a jamais eu de bonheur familial à faire partager (et ne l’a d’ailleurs jamais cherché). Dans cette saison, leur froide carapace les obligera à inviter le public dans leur intimité seulement pour de tragiques raisons, car bonheur n’est pas Underwood. Mais, comme le dit si bien le personnage de Thomas Yates (Paul Sparks) : « Les gens voient dans les Conway ce qu’ils voudraient être, mais ils voient en vous ce qu’il veulent devenir ».

Cette comparaison entre ces deux familles et leur façon de procéder amène évidemment à se pencher sur l’essence de la série: la politique. Le combat de ces deux générations montre à quel point le jeu de la politique est soumis aux évolutions technologiques et comment, d’après Franck « ce n’est plus du théâtre mais du showbusiness ». L’emphase mise sur l’intimité des personnages durant toute cette saison corrobore d’ailleurs pleinement l’idée que désormais les électeurs (américains surtout) cherchent d’abord à voter pour des « personnes » et non pas pour des acteurs politiques.

Sauf quand il s’agit du roi et de la reine de l’acting politique bien sûr…

Ainsi, House of Cards nous rappelle encore une fois avec brio que la politique est avant tout un jeu de pouvoir où les participants doivent rivaliser d’ingéniosité et d’adaptation pour pouvoir gagner. Avec cette quatrième saison qui se concentre plus sur l’humain, la série ne cesse de gagner des points en faisant parfaitement évoluer l’histoire et ses personnages, mais aussi, en continuant à alimenter son sujet avec toujours autant d’intelligence et de virtuosité.

L’avis de Bizard Bizard : n’hésitez plus, offrez vous un voyage à Washington et retrouvez le couple le plus perversement parfait. Même les non-fans de séries politiques finiront par tomber sous le charme de Kevin/Franck et de Robin/Claire, car personne ne peut dire non aux Underwood.

Listen to the President of United States…

Crédits images: lesaccrosauxseries.com (couverture) – bandit.com.au – 20minutes.fr – digitalspy.com

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  6 comments for “L’Oeil de Moscou – House of Cards [saison 4]

  1. 18 avril 2016 at 12 h 39 min

    J’ai commencé la saison 4, on en est au 1er épisode.
    Ma préféré reste la saison 1 pour le moment …

    • Z.
      20 avril 2016 at 19 h 45 min

      Je crois que j’aime tellement cette série que je n’arrive même à savoir quelle saison j’ai préféré, du moment que ça continue, c’est tout ce qui compte à mes yeux hahahaha (KEVIN KEVIN KEVIN KEVIN JE T’AIME!)

  2. 9 mars 2016 at 12 h 22 min

    Rhalala, je suis à la bourre sur la série, j’ai calé à la saison 2, mais avec le retour sur Netflix, je compte bien rattraper ce coupable retard!

    • Z.
      11 mars 2016 at 23 h 38 min

      Chance, chance! J’aimerai ne jamais avoir vu la série pour pouvoir la revoir, c’est une montée en puissance juste fabuleuse!

  3. 9 mars 2016 at 12 h 01 min

    J’ai vu rapidement un ou deux épisodes de la première saison, mais je n’ai poussé plus loin le visionnage. Pourtant, Dieu sait que Kevin Spacey m’avait froid dans le dos, et ça en moins de 5 minutes, ahah…

    Mais ça veut dire que si j’me lance maintenant, j’ai trois saisons de retard… Argh, dilemme.

    • Z.
      11 mars 2016 at 23 h 37 min

      Tu devrais! Parce qu’une fois que tu tombes dedans tu rêves juste que ça ne s’arrête jamais… Du coup c’est so perfect que tu aies tous ces épisodes à regarder!

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