L’Oeil de Moscou – Oppression

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Sortie le 30 novembre 2016               Réalisation : Farren Blackburn         Durée : 1h30

Avec : Naomi Watts, Jacob Tremblay, Oliver Platt, Charlie Heaton…

Production : Lava Bear Films, Europa Corp, Transfilm International

Distribution : EuropaCorp Distribution

 Doudoune et angoisse

Après une brève pause, Bizard Bizard s’est décidé à braver le froid (classé illégal) pour se remettre en selle et en salle. Après de nombreuses recherches dans le planning des sorties peu réjouissantes de ces deux dernières semaines, la tentation s’est finalement matérialisée dans une affiche aux accents hitchckokien dont le titre aguicheur sonne comme une invitation : Oppression.

Six mois après l’accident de voiture qui a causé la mort de son mari et la paralysie de son beau-fils, Mary partage sa vie de veuve entre son métier de pédopsychiatre et celui d’infirmière-maman à plein temps. Mais lorsque Tom, son petit patient sourd-muet préféré, disparaît, la médecin multi-casquettes plonge un peu plus dans la dépression et devient sujette à des hallucinations plutôt terrifiantes. À la veille d’une tempête qui risque de décoiffer, Mary se retrouve seule dans son chalet caché au milieu de la forêt, avec pour seul compagnie son légume de semi-fiston et des bruits inquiétants qui résonnent du sol au plafond…

Avertissement attentionné : afin que vous ne viviez pas ce que nous avons nous-même vécu – soit se couvrir de honte en sursautant tous les cinq minutes dans une salle aussi stoïque que si il s’agissait d’un film Disney – nous préférons vous prévenir qu’Oppression n’est pas un simple thriller, certes pas un film d’horreur, mais en tout cas un long métrage qui met sacrément la pression.

 

Maintenant que les choses sont dîtes, revenons-en à nos moutons.

Sorti en toute discrétion, Oppression ne porte pas bien toutes les lettres de son nom ; oubliez le « op » et ne gardez que la pression (d’où notre avertissement ci-dessus). Car ces une heure trente qui ne cessent de mélanger les références à Esther et Shining ne sont pas particulièrement oppressantes. Malgré tous les efforts fournis pour donner sa signification au mot – l’isolation, la tempête de neige ou encore le silence perturbé par des bruitages aussi alarmants que bien faits – le film ne réussit pas à donner la dimension psychologique qu’il à l’air d’ambitionner. La première partie en pâtie d’ailleurs beaucoup, présentant des airs de thriller dramatico-familiale, elle ne cesse de tourner autour de son sujet sans jamais arriver à le développer. La concentration mise, non pas sur le deuil, mais sur le rôle de mère, la culpabilité et l’envie d’avancer n’effleure absolument pas la profondeur des sentiments et en devient rapidement exaspérant.

Cependant ce qui constitue la faiblesse du film apporte une valeur ajoutée conséquente à sa force. Perdant le public dans les méandres de l’ennui et de l’incompréhension, le réalisateur arrive subtilement à faire oublier le principal, et c’est grâce à un twist que l’on aurait du prévoir mais que l’on a absolument pas vu venir (shame en tant que cinéphile inspecteur aguerri) que l’ensemble jouît alors d’un second souffle. Les jumps scares reprennent tout le sens qu’ils avaient perdu durant tout le début, et l’angoisse du film d’horreur s’impose en suivant à la lettre toutes les règles de l’art. Induit en erreur par le classement « thriller, fantastique » d’Allociné (les voix d’Allociné sont de temps à autre aussi impénétrables que celles du Seigneur) et par cette première partie indéfinie, le spectateur se réjouit de revenir dans sa zone de confort et sait désormais quelle marche suivre. Les bons reflexes reviennent – ratatinage sur siège, bouchage d’oreilles et mains devant les yeux décomplexés – et les réflexions de grand-mère irrités sont dur à taire – « Bah oui ma fille ! Bien sûr qu’il va t’arriver des bricoles dans une maison abandonnée ! Qu’est-ce que tu croyais ?! Comme on fait son lit on se couche ! ».

Bien qu’en terme de réalisation et de scénario Oppression ne présente rien d’original, qu’il s’agisse de la première ou de la deuxième partie, le film sait tout de même faire passer un bon moment en compagnie de bonnes gens. Naomi Watts renfile sa doudoune de mère courage larmoyante, et les petits Jacob Tremblay et Charlie Heaton jouent diablement bien leur rôle d’enfants terrifiés-terrifiants.

L’œuvre ne restera peut-être pas dans les annales, mais du regret il n’inspirera pas.

L’avis de Bizard Bizard : allez-y au trot.

 

 

Crédits images: allocine.fr/cineserie.com (couverture) – mondocine.net – mondocine.net – kino.de

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  1 comment for “L’Oeil de Moscou – Oppression

  1. 5 décembre 2016 at 16 h 32 min

    Je n’en ai absolument pas entendu parlé, ni vu une affiche, ni même une petite BA !

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