L’Oeil de Moscou – Spotlight

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Sortie le 27 janvier 2016                 Durée : 2h08              Réalisation : Tom McCarthy

Avec : Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Shreiber, Stanley Tucci

Production : Anonymous Content, First Look, Participant Media

Distribution : Warner Bros. (France)

This is Boston

 

Spotlight est une lettre d’amour au journalisme d’investigation sous la forme d’un film efficace, pur thriller américain bien monté et bien ficelé. C’est l’histoire vraie d’une enquête journalistique poussée et détaillée du Boston Globe en 2001 (récompensée ensuite du prix Pulitzer) qui révéla comment l’Eglise catholique américaine protégeait ses prêtres pédophiles, souvent multirécidivistes.

La « Spotlight team » c’est donc une équipe de quatre journalistes au sein du Boston Globe (Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams et Brian d’Arcy James) spécialistes des enquêtes minutieuses et longues durées.

Ils sont tous originaires de la ville, plutôt catholiques et ils décident, sous l’impulsion de leur nouveau rédac chef non Bostonien (Liev Shreiber) d’attaquer une institution respectée, très influente et réputée intouchable à Boston: l’Eglise catholique.

La vision qui se dessine de la ville (à travers notamment les nombreuses répétitions du nom de celle-ci, prononcé plus d’une centaine de fois) est celle d’une cité fière, attachée à sa communauté et à forte population catholique, très fidèle à ses institutions. On nous le martèle : « This is Boston » et la toute puissante Eglise ne tient pas à ce que l’on découvre ses plus sales secrets.

Simplicité et efficacité

On ne saurait reprocher à Spotlight de ne pas être assez abouti. On y suit l’année d’enquête, des prémices à la publication, de façon précise et factuelle. C’est l’archétype du film à Oscars, parfaitement calibré sans en faire trop, chose assez rare pour être soulignée.

Le film affiche en effet une sobriété qu’on retrouve partout, tant dans le déroulé de l’histoire et le jeu d’acteur, que dans la mise en scène et le rythme. Loin d’ennuyer, cela semble bien correspondre à la longueur et à la rigueur d’une telle enquête, et on est plongé dans un univers réaliste. Par cette sobriété assumée, Spotlight fait passer son lourd sujet avant ses personnages.

C’est à travers le montage, qui altèrne les entrevues avec les survivants et les avocats et les phases de recherches plus fastidieuses, qu’on assiste à l’ébahissement et au désenchantement des journalistes et que l’on comprend sans avoir recours à de longues incursions dans leurs quotidiens personnels comment ces découvertes faites au sein de leur cadre professionnel se répercutent sur leurs vies privées.

Cette frugalité dans la mise en scène et cette volonté honorable d’utiliser les ressorts réalistes  plutôt que le mélodrame sont assez salvatrices (on pourrait s’attendre au pire au vu du sujet abordé) mais ont aussi leurs limites.

On ne s’ennuie pas, on aime la simplicité efficace de la réalisation mais on aimerait parfois être plus investi. Si les personnages découvrent peu à peu l’ampleur du scandale, nous spectateurs de 2016 connaissons malheureusement déjà les faits et ne sommes donc pas tenus en haleine comme devaient l’être à l’époque les protagonistes de cette histoire. On reste scandalisés par le sujet, mais on cherche parfois plus de vitalité du côté visuel du long-métrage. (Oui, nous sommes des spectateurs chiants exigeants).

Dans le genre bonne-idée-qui-a-ses-limites, on conçoit et on approuve de faire passer le sujet au delà des personnages, mais on note que les acteurs ne sont à notre gout pas assez incarnés. Quand on voit Spotlight, on pense forcement aux Hommes du Président et au duo Dustin/Robert qui envoyait effectivement du pâté; et force est de constater que le casting du film qui nous interesse n’atteint pas le même niveau. (C’est un avis pour le moins subjectif et il se peut que vous ayez un avis fort différentsi si l’un de vos acteurs fétiches est à l’affiche).

Pour résumer, Spotlight est un film intelligent sur un sujet intéressant mais qui manque un peu de passion. Le film ne déçoit pas quant aux attentes qu’on a et c’est typiquement le genre de sortie ciné où vous pourrez vous féliciter d’avoir bravé le froid et/ou la flemme: vous ne verrez pas les deux heures passer et ne regretterez pas d’y être allé.

L’avis de Bizard Bizard : harnachez votre monture et allez y à bonne allure, un trot rapide est conseillé.

 

Crédits images: via toutlecine.challenges.fr ; theverge.com et mountainx.com

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  2 comments for “L’Oeil de Moscou – Spotlight

  1. 2 février 2016 at 0 h 03 min

    Pour ma part, j’ai énormément aimé ce film même je pense comprendre tes petits bémols. Comme toi, j’ai aimé le fait que le film s’attarde vraiment sur l’enquête et pas sur les personnages, aucun ne se tire la couverture (et j’ai trouvé le casting très bon et très cohérent). L’ensemble m’a vraiment passionnée, révoltée aussi, j’ai beaucoup aimé la mise en scène sobre mais vraiment efficace par rapport au sujet.

    • Z.
      2 février 2016 at 21 h 51 min

      Je suis tout à fait du même avis que ma collègue B. qui a écrit l’article (après qu’on l’ai vu ensemble haha). J’ai beaucoup aimé le film, mais je t’avoue ne pas tout à fait comprendre en quoi il pourrait se ranger dans « les classiques », comme certaines critiques peuvent le dire. Un bon bon film avec tout ce que le cinéma américain a de mieux à nous offrir, mais même si le casting est bien, les protagonistes ne m’ont pas touché et j’ai trouvé – malheur j’aimerai tellement ne pas devoir dire ça – Rachel ma chérie légèrement en dessous. Même si l’histoire est parfaitement orchestré, il m’a peut-être manqué un je-ne-sais-quoi de plus chez les personnages.

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