L’Oeil de Moscou – Triple 9

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Sortie le 16 mars                       Réalisation : John Hillcoat                    Durée : 1h56

Avec : Casey Affleck, Chiwetel Ejiofor, Anthony Mackie, Clifton Collin Jr., Kate Winslet, Woody Harrelson…

Production : Bloom, Netter Productions, Waypoint Entertainement

Distribution : Open Road Films (U.S.A), Mars Distribution (France)

« It’s fucking Kosher Nostra »

 

Lorsque Woody, Casey, Kate et Chiwetel sont réunis dans un film de gangs et de flics ripoux dont le titre est le chiffre du diable à l’envers et bien… On doit voir ça !

Dans la noble ville d’Atlanta, Mike (Chiwetel Ejiofor), ex-agent des Forces Spéciales reconverti en braqueur professionnel, s’adonne au grand banditisme avec une bande de dirty cops. Après un casse réussi pour le compte d’Irina (Kate Winslet), marraine de la mafia russo-israélienne, celle-ci lui demande d’œuvrer encore une dernière fois. Mais pour cette nouvelle mission requérant un laps de temps bien plus élevé que la moyenne, le petit crew n’a d’autre choix que de provoquer un code « 999 », celui là même qui signale un policier à terre. Par chance, Marcus (Anthony Mackie), l’un des policiers, a hérité d’un nouveau coéquipier très zélé (Casey Affleck) et ne voit pas d’inconvénient à s’en débarrasser. Mais c’est sans compter sur la fine et alcoolique intuition de Jeffrey Allen (Woody Harrelson), l’oncle de la nouvelle recrue et l’inspecteur chargé de l’affaire du casse…

Avec un casting label Mamamia, une histoire efficace et bien ficelée, Triple 9 à tout pour plaire, et plaisant il l’est.

Bien que le film s’inscrive clairement et ouvertement dans le genre auquel il appartient, la mise-en-scène à pourtant un je ne sais quoi de différent, et, de déroutant. Dans ce long-métrage l’ellipse est le maître mot, particulièrement au début du film. Même si le spectateur peut un peu s’y perdre, le processus employé montre toute son ingéniosité au fil de ces 1h56 et permet au public d’avoir une vision omnisciente de ce film chorale badass. Mais si l’ellipse offre une forme intéressante au film du fait de présenter presque simultanément plusieurs situations à la fois, elle ne contribue absolument pas à la montée apocalyptique du suspens, au contraire. L’enchaînement de cette multitude de scènes qui malmène l’esprit ne dirige pas vers l’apoplexie expectative ; le découpage des séquences peut être trop généreux invite à se concentrer sur le moment présent et n’inspire pas forcément à se focaliser sur la vue d’ensemble dès le début. Ainsi, ce n’est que petit à petit que le spectateur se familiarise et réussit réellement à apprécier ce délire elliptique.

Mais l’excellent point que cette mise-en-scène révèle est la possibilité de ne pas rester cantonné au film de braquage et faire un pas dans celui de gangs. Et là…. Comme le dirait si bien la chanson « poporopopopooo » ! Des assauts policiers dentro del barrio, des portes qui s’ouvrent à coups de bélier, des gangs mexicains tatoués avec calebute blanc montant jusqu’au nombril, du « clean » et des « cover me » en veux tu en voilà, des boucliers, des armes à feu, et dans l’ensemble des scènes parfaitement jouées et chorégraphiées que l’on croirait presque vrais (qui vous donneront envie de regarder pour la énième fois les sept saisons de The Shield). Cet effet « documentaire », appuyé par une multitude de détails et de scènes gratuites donne à Triple 9 un aspect extrêmement humain et soucieux de l’environnement dans lequel se déroule l’histoire.

Mais pour atteindre un tel niveau dans l’effet réaliste il faut évidemment des acteurs de poids et ça… Nous l’avons déjà mentionné avec le label Mammamia… Le film nous offre une brochette de comédiens à l’apogée de leur forme olympique, tous plus convaincants les uns que les autres. Chewitel Ejiofor parfait en homme sans cœur avec du cœur, Casey Affleck aussi intriguant qu’exaspérant dans le rôle du flic à chewing-gum intègre, Kate Winslet magistrale en papesse de la pègre russe, Anthony Mackie plus vrai que nature en thug dirty cop, et Woody toujours aussi woodyesquement génial quoi qu’il fasse. L’apparition de Michael K. Williams (Omar dans The Wire, Chalky White dans Boardwalk Empire) aussi furtive que fantastique vient se poser comme une cerise sur ce délicieux gâteau de stars.

Ainsi, avec un scénario intelligent sans être renversant, Triple 9 ne vous coupera peut être pas le souffle mais il saura à bien des égards vous enthousiasmer. Avec sa forme pseudo documentaire hyper testostéronée et ces acteurs parfaits qui ont l’air de s’amuser : un excellent moment vous passerez.

L’avis de Bizard Bizard : allez-y au gentil galop.

Crédits images: variety.com (couverture) – nowrunning.com – bkmag.com – movieinsider.com

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  4 comments for “L’Oeil de Moscou – Triple 9

  1. 18 avril 2016 at 12 h 31 min

    Il m’a ennuyée moi ce film. Et je n’en garde pas vraiment de souvenirs …

    • Z.
      20 avril 2016 at 19 h 44 min

      Ah bon? Pas exceptionnel certes, mais je l’ai quand même trouvé plutôt sympa. Bon disons que sans être dans un suspens intense je ne me suis pas ennuyée

  2. 20 mars 2016 at 9 h 18 min

    Oh pétard! Comme il est passé sous mon radar, celui-là! C’est quoi ce cast de fous? Cette bande annonce d’épileptique?
    Ton article donne incroyablement envie de le voir(sauf que mon planning ciné de la semaine est aussi serré qu’un pantalon de Jlo) et Chewitel en « homme sans coeur avec du coeur » (non mais quelle formule parfaite, sérieux!), c’est aussi alléchant qu’une terrasse de café au printemps!

    • Z.
      20 mars 2016 at 12 h 36 min

      Tout d’abord je tiens à dire que ta métaphore entre ton planning ciné et le pantalon de JLo m’a littéralement étouffé de rire!!
      Mais finalement, je crois qu’il n’y a pas eu une communication de dingue pour le film, en plus les affiches sont très sombres du coup ça ne donne pas une immense visibilité. J’ai regardé la bande annonce uniquement parce que ce cast de folie m’a intriguée.
      Franchement si tu as le temps d’y aller vas-y, parce que ça fait du bien les films comme ça de temps en temps au cinéma et puis Woody… Merveille!

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