Nip/Tuck – « Tell me what you do like about themselves »

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Nip/Tuck, Ryan Murphy, 2003-2010

 

 

 « Tell me what you don’t like about yourself ». Cette phrase, qui vous donne des hallucinations d’aquarium et de bistouri, et qui, durant sept ans, fut le prélude des quarante cinq minutes haletantes, terrifiantes et horriblement amusantes d’un épisode de Nip/Tuck. Cette phrase, annonciatrice d’un florilège de pompes à graisse, de lames de 15, de gants chirurgicaux, de beauté et de laideur intérieure ou extérieure. Enfin, Cette phrase qui a hanté vos jours et vos nuits en vous demandant pourquoi, mais pourquoi (?!?) Ava est un homme, Escobar est si méchant, Matt n’arrive (JAMAIS) à s’en sortir, et la vie est si compliquée ?

Mais cette phrase ne serait rien si elle n’était pas prononcée par les douces voix expertes et rassurantes des plus beaux, des plus fous, des plus immoralement moraux chirurgiens esthétiques de la planète : Sean McNamara et Christian Troy.

Après des années de bons et loyaux services consacrées à « réparer ce qui n’est pas cassé et à reconstruire l’irréparable » entre les murs aseptisés du cabinet McNamara and Troy qui nous ont longtemps accueilli for free; il est temps pour nous de les remercier en leur expliquant ce que we DO like about themselves.

« A perfect soul ». Si les détracteurs de Sean et Christian se plaisent à les voir comme des hommes habillés en schtroumpf dénués d’âme avec un bistouri et un porte monnaie à la place du cœur, il n’en est rien. Car une âme (et un cœur) ils ont ! Bien évidemment, la profession de chirurgien esthétique, surtout à Miami (vous avez désormais compris que tous les maux de l’univers sont décuplés dans cette ville), peut être un métier qui malmène l’âme et la morale. Cependant c’est toujours (difficilement) vainqueurs que Sean et Christian se sortent des situations les plus immorales en y laissant, quand même, un petit peu de leur âme. Bien souvent en sortant des sentiers battus de simplettes mammoplasties, nos deux amours de médecins se retrouvent constamment obligés de satisfaire les délires de clients psychopathes, les menant perpétuellement à un face à face sans merci avec leur morale.

Car c’est bien là toute la problématique de Nip/Tuck : comment ne pas perdre son âme et sa moralité dans cet océan de superficialité. Si la série ne nous épargne rien quant au corps et à tout ce qui se trouve à l’intérieur avec force de charcutage et d’hémoglobine, il est important de noter qu’en dehors de la table d’opération, la nudité des personnages est savamment dissimulée. Une attention particulière qui vient souligner d’une part la superficialité ambiante chez les conscients, mais qui d’autre part montre la fragilité et l’humanité de ces mêmes gens-là.

Enfin, revenons en à nos mouton. Même si perfection il n’y a pas, âme il y a ! Pourvue de morale de surcroît. Et puis de toutes façons, comme dirait Escobar Gallardo « les âmes sont très surestimées ».

« A perfect mind ». C’est le moment où ça se complique sérieusement chez McNamara and Troy. Force est de constater qu’il s’agit de deux esprits loin d’être parfaits qui louent les locaux de ces corps plus que parfaits. En effet, entre un Sean vivant entre frustrations et coups de folie, un Christian ayant été victime de sévices sexuels lorsqu’il était petit et ne sachant exprimer ses émotions qu’en ne faisant pas dans la dentelle: la stabilité psychologique n’est pas le point fort du cabinet. Ajoutez à ça les risques de leur métier (ce dont on vous a parlé), et l’espèce de ménage à trois qu’ils forment avec Julia, la femme de Sean et l’amour perdu de Christian. Mélangez tout ça et cela vous donnera des secrets plus fous les uns que les autres, des burnouts, des crises existentielles, un univers amical et familial que Françoise Dolto ne validerait vraiment pas et deux papa pour le même enfant en proie à une crise d’adolescence chronique et éternelle.

Mais bon, c’est aussi pour ça qu’on les aime.

« A perfect face ». Le malheur intérieur ne doit pas nécessairement se peindre sur le visage et vous faire ressembler à Courtney Love : voilà le fer de lance Dorian Grayien de la politique McNamara and Troy. Ce principe, applicable autant aux autres qu’à eux même, est tout simplement ce qui leur permet de vivre (financièrement) et survivre (sentimentalement). À défaut de panser les peines de cœur, nos deux chirurgiens savent réparer les ravages extérieurs. Quitte à ne pas être saint du tout autant être « sain » de quelque part, même si ça n’est que de corps (on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a)…

Tel est la way of life de nos médecins: être beau avec une vie de merde sur les bras. Street cred avant tout.

« A perfect smile ». Etre beau c’est une chose, mais pour réussir à bien enfouir son bordel intérieur il faut avant tout savoir prétendre ; un art qu’on a un peu plus de mal à maîtriser au cabinet. Soyons honnêtes, prétendre ça va bien à la fin ! Lorsque l’on est obligé de remplir d’héroïne des seins siliconés, de se faire torturer, taillader, violer ou encore d’observer son fils devenir taré et voir sa future femme se faire enlever, vous comprendrez que prétendre ça devient un peu compliqué.

Même si leur sourire restera ad vitam eternam esthétiquement parfait, il ne sera pas forcément franc et étincelant à tous les instants (et pour causes, nombreuses).

« A perfect lie ». Peut-être, mais en même temps comme dirait Christian « si on arrête de se battre pour la perfection autant mourir » (hahahahaha). Si Nip/Tuck est une excellente exploration du « perfect lie » qu’est la superficialité (étudiée sous toutes ses coutures), il s’agit surtout d’une perfect série avec des perfect acteurs, des perfect histoires, des perfect musiques, une perfect esthétique et les plus perfect des chirurgiens esthétiques qu’on aime tels qu’ils sont.

« Make meeee beautifuuul » (un autre des meilleures génériques du monde)

Crédit images: cine-loisirs.fr (couverture), goodmenproject.com, styleandthecity.com

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  8 comments for “Nip/Tuck – « Tell me what you do like about themselves »

  1. 18 avril 2016 at 12 h 48 min

    Super ton article, bonne idée d’avoir découpé le générique !
    J’ai regardé la plupart des épisodes de cette série ( mais je suis pas sure d’être allée au bout), quel malaise quand même …! Mais j’adorais Christian troy, il faut bien le dire.

    • Z.
      20 avril 2016 at 19 h 49 min

      Merci beaucoup:)
      Christian… Olalalala…
      J’adore cette série, elle me tient particulièrement à coeur car c’est la première série que j’ai vraiment suivi et aimé. En fait la première série qui m’a fait ressentir quelque chose. Et puis l’univers, la mise-en-scène, l’histoire, c’est parfait…

  2. 26 septembre 2015 at 17 h 03 min

    Je n’avais jamais vu un feuilleton aussi… amoral, mais qui avait le mérite de dynamiter la société américaine au bulldozer à scalpel. Et Julian MacMahon… c’était Cole dans Charmed! toute une époque!

    • Z.
      27 septembre 2015 at 11 h 37 min

      Moi non plus! Même après tant d’années de visionnage de série je n’en ai jamais vu une qui arrive à la cheville de l’immoralité de Nip/Tuck.
      Et Julian… Olalalala, Julian… En ayant interprété Cole et Christian il s’est juste hissé au panthéon des beaux gosses ultimes de série de tout l’univers!

  3. Mina
    25 septembre 2015 at 17 h 05 min

    Je suis ravie de voir que Nip/Tuck a réussi á se frayer un chemin jusque sur BizardBizard.. car je sais que tu attendais ce moment depuis si longtemps! D’ailleurs je risque de me faire un petit back to basics et me mater la série dans son integralité á mon retour (chose jamais entreprise jusqu’á maintenant).. J’ai de toute maniere un peu prévu de m’enfermer pendant un mois en compagnie de séries et dividi hunhun, ce sera une de plus sur la liste.

    • Z.
      27 septembre 2015 at 11 h 34 min

      Tu as raison! Mais sache que le choc est sans pareil quand tu revois a série après tant d’années, leurs vies est tellement horribles! J’avais oublié à quel point.

  4. 24 septembre 2015 at 13 h 43 min

    « Surtout à Miami (vous avez désormais compris que tous les maux de l’univers sont décuplés dans cette ville) », comme j’ai ri. C’est clair que tout ce qui vient des US tend à faire passer la ville pour l’enfer réincarné à grands coups de salsa et de meurtres en pleine rue à la kalash, pendant que les riches sont trop occupés à se regarder dans le blanc des yeux.

    C’est fou mais je n’ai jamais regardé cette série. Pourtant, Dieu sait que j’en ai entendu parler… Ta critique me donne envie de m’y mettre, même si ce sera dix ans après la bataille ! Et puis en plus, retrouver Cole Turner (même sans Phoebe Halliwell), ça n’a pas de prix 🙂

    P.S. : Le générique est un brin flippant, mais rien n’égalera jamais celui de Dexter, à mes yeux ♥

    • Z.
      24 septembre 2015 at 20 h 21 min

      Je suis RAVIE que cela te donne envie d’y jeter un oeuil! Personnellement j’ai regardé la série pour la première fois quand j’avais 13 14 15 ect ans, et j’en ai gardé un souvenir impérissable! Du coup elle a une place très particulière dans mon coeur, genre c’est quand même la première vraie série de ma vie et je l’aiiiiiiime tellement. Sean,Christian, Miami, l’ambiance (hardcore à souhait) absolument tout est génial!
      Et, en grande fan de Cole, je te jure que Julian McMahon en Christian Troy… Il n’y a juste pas de mots pour décrire la fatalité de sa beauté… Je te laisse découvrir, mais je suis sûre que tu seras aussi émue que moi.

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