Dexter – Tout le monde veut prendre sa place (mais pas toujours)

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Dexter, James Manos Jr., 2006-2013

 

 « Tonight is the night …». Votre sang ne fait qu’un tour tandis que l’excitation vous donne envie d’exécuter la danse des sept voiles ? C’est normal. Non pas parce que cette phrase est synonyme de fête et de débauche, mais parce qu’elle est annonciatrice d’une virée en bateau après un bon cocktail d’hémoglobine, de plastique, d’armes blanches et de sacs poubelles en compagnie du seul et unique… Dexter Morgan.

Si à l’évocation de ce nom votre visage affiche l’expression de la nostalgie d’un amour pur comme celui que vous aviez pour votre amoureux(se) de primaire, alors qu’il s’agit d’un homme qui passe son temps libre à découper passionnément les gens; n’ayez crainte pour votre santé mentale. Inutile de consulter, même si de temps à autre vous aussi vous aimeriez être comme lui, cela ne signifie pas forcément que vous êtes un serial killer refoulé (ou peut être que si).

Parce qu’au fond comment ne pas aimer et envier Dexter… L’homme au « lezard brain » aussi performant que celui d’un alligator, le spécialiste en traces de sang qui fait passer les Experts pour des stagiaires, le roi du self-control à l’hygiène de vie irréprochable (il se sert même de fil dentaire), mais aussi le serial (juste) killer le plus cool, le plus pro, le plus propre de tout l’univers. Outre ce petit résumé de sa géniale personnalité, si tout le monde veut prendre la place de Dexter Morgan c’est aussi pour ça :

 

Vivre à Miami et avoir un appartement génial. Vivre dans un appartement propre et rangé avec vue sur la mer dans une ville où la salsa est reine et l’été est éternel, aller travailler en chemise manche courte, chino et chaussures bateau toute l’année (même lorsqu’il s’agit de scènes de crime au mois de décembre) : qui cela ne fait-il pas rêver ?

 

Avoir des supers collègues. En plus d’avoir un cadre de vie idyllique, Dexter à la chance d’avoir un cadre de travaille encore plus idyllique (même si malheureusement cela lui fait ni chaud ni froid) grâce à des collègues plus cool les uns que les autres. L’inspecteur Batista, le cœur sur la main et le ventre bien tendu, qui parle en espagnol quand un pique d’émotion vient frapper à sa porte, vêtu en permanence de chemises à imprimés fleuris et toujours coiffé de Son chapeau. Masuka, l’expert médico-légale, saint patron de la blague salace au rire inimitable, donneur de sperme à ses heures perdues et passionné de chemise à manche courte (lui aussi) à tendance psychédélique. L’inspecteur Doakes (qui nous quitte bien trop tôt), montagne de muscles et boule de nerfs, ponctuant chacune de ses phrases par « motherfucker », incapable de décrocher un sourire tout en faisant mourir de rire malgré lui. Mais aussi le lieutenant LaGuerta vamp carriériste tiré à quatre épingles, ou encore l’inspecteur Quinn beau gosse et alcoolique notoire.

Qui ne voudrait pas être entouré de ces gens là ?

Faire partie de la même famille que Debra Morgan. Papesse de la punchline, capable de faire de la vulgarité une poésie, collectionneuse de mauvais partenaires de vie, elle est l’extrême opposé de son frère adoptif. Touchante et d’une gentillesse sans limites, Debra apporte à la famille Morgan, qui se résume à elle et Dexter, la vie et la sensibilité qui lui fait cruellement défaut. Chaque phrase qui sort de sa bouche est un festival de gros mots et de bons sentiments.

Qui ne voudrait pas avoir une sœur comme ça ?

 

Avoir un père trop cool avec qui l’on peut discuter alors qu’il est mort. Bien que décédé depuis plusieurs années, Harry Morgan, père non biologique de Dexter et inventeur du code qui lui permet de tuer tout en échappant à la chaise électrique, n’a jamais quitté notre héros. Tel une apparition divine il vient conseiller, réprimander ou encourager son fils lors de ces moments de doute. (Notez que retrouver James Remar, l’acteur qui joue le personnage de Richard dans Sex And The City, en papa attentif et légèrement psychopathe ça fait quelque chose au cœur de tous fans de la série.)

Qui ne voudrait pas d’un vizir invisible qui ne vous laissera jamais tomber ?

Vivre pleins d’aventures horribles sans que cela ne vous touche jamais (?) Car c’est sur ça que repose la vraie coolitude et le vrai drame de la vie de Dexter. Son besoin de tuer et l’absence totale de sentiments lui permettent de vivre des aventures plus inédites les unes que les autres (assassiner les méchants, son frère, son collègue ou encore découvrir sa femme tuer par un autre serial killer et tutti quanti comme on dit), tout en gardant le contrôle en permanence. Tel le Bruce Willis de Miami, c’est avec humour et sang froid qu’il trouve des solutions à presque tous problèmes insolvables.

Si le fait de ne rien ressentir lui donne la capacité de prétendre à vivre une vie « normale » sans jamais souffrir des malheurs du commun des mortelles, il est bon de préciser que le serial killing massif apporte néanmoins son lot de petits désagréments.

Et c’est certainement pour ça que vous ne voudrez peut être plus prendre sa place. Harry estime qu’en ayant vu sa mère se faire découper sous ses yeux à l’âge de trois ans et en développant des tendances meurtrièrement animalières, le petit Dexter ne se débarrasserait jamais de son « dark passenger ». Afin de tenir son fils adoptif loin de la peine capitale et maintenir son entourage sain et sauf, Harry a créé un code permettant à Dexter de vivre une existence lambda, et d’assouvir ses pulsions rien qu’en éliminant les nuisibles, sans se faire prendre et en épargnant ses proches (rien que ça). Seulement voilà, ce code, qui permet à Morgan junior de tout contrôler, l’oblige aussi à une sur-acceptation de sa personnalité sans espoir de pouvoir changer. Bien qu’au fur et à mesure Dexter tente de s’éloigner du code et considère l’idée d’avoir des amis (ou partenaires de jeux sanglants) la fatalité le rattrape toujours : toutes personnes proches de lui finit forcément par payer le prix de sa passion pour l’hémoglobine, le condamnant ainsi à rester seul, comme Harry lui a toujours dit.

Alors qui de la poule ou de l’œuf ? L’éternel question qui se pose dans la série est de savoir si la « noirceur » de Dexter était immuable ou si ce n’est pas le code d’Harry qui en a fait une chose irrévocable. Car ce code qui le protège est aussi celui qui l’expose aux risques des sentiments humains auxquels il prend goût malgré tout. En tentant de contrôler les pulsions de Dexter tout en l’entrainant à prétendre à avoir des sentiments (persuadé qu’il n’en aura jamais), Harry fait de son fils sa créature et peut être de son destin une fatalité, mais qui c’est… Force est de constater que même réguler, les actes de notre serial killer préféré ont des répercussions sur les autres, d’une manière ou d’une autre (ce qui n’enlève absolument rien à sa coolitude).

Maintenant que vous savez tout ça, c’est sans culpabilité et le cœur léger que vous pouvez chanter votre amour pour Dexter le « gentil » tueur en série, sans crainte de dire que sa vie vous fait rêver, parce qu’au fond ça n’en est qu’une petite partie.

(Sauf si vous êtes un vrai serial killer, auquel cas il serait bon d’aller consulter).

L’un des meilleurs génériques de tous les temps. (Dexter foreveeeeeeeeeeer!)

Crédits images: lesinrocks.com (couverture), usmagazine.com, le regardobscur.viabloga.com, notrecinema.com

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  6 comments for “Dexter – Tout le monde veut prendre sa place (mais pas toujours)

  1. 8 septembre 2015 at 15 h 10 min

    Rha ce générique…. Nostalgiiiiiiiie…

    • Z.
      8 septembre 2015 at 20 h 36 min

      Telleeeeeeement! j’adore TOUT dedans, ça m’arrive même d’écouter la musique en boucle!
      Bon, de toute évidence après mes deux articles sur Dexter je pense que tout le monde a pu constater à quel point je l’adore, lui et toute sa famille hahaha.

  2. 4 septembre 2015 at 18 h 18 min

    Je n’ai pas encore vu cette fameuse fin contestée mais je sais que certains spectateurs la défendent aussi !

    • Z.
      5 septembre 2015 at 0 h 37 min

      Je t’encourage vivement à la voir, ça vaut vraiment le coup!

  3. Z.
    4 septembre 2015 at 8 h 07 min

    Merci, ça me fait super plaisir que tu dises ça, j’y tenais vraiment à celui là. Quant à la fin de Dexter personnellement je trouve que c’est juste LA fin qui convenait à cette histoire (je parle du tout dernier plan), en totale adéquation avec la philosophie de la série et du personnage.

  4. 4 septembre 2015 at 0 h 34 min

    Ahahah vraiment génial cet article ! J’ai déjà vu les quatre premières saisons de Dexter et là je suis motivée pour aller jusqu’au bout (même si j’appréhende vu que beaucoup disent avoir été déçue par le final).

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